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dimanche 31 janvier 2021

Vagabondage

Il y a quelques jours j'ai pris mon paquetage et je suis partie m'emplir les narines des embruns marins histoire de découvrir en janvier la côte bretonne que je connais plutôt bien, j'y suis partie pour m'oxygéner et me ressourcer, pour imaginer et panser mes lendemains, de ceux qui seront loin de ce monde de fou, de ce monde qui n'en peut plus d'être enfermé et qui voudrait vivre comme avant

Elle est si jolie la lumière bretonne en Janvier

L'un après l'autre j'ai visité des ports qui m'amenaient gaillarde sur le pont des voiliers tant de fois rêvés, je pouvais toucher du doigt chariots d'écoute, piano, taquets, winch et autres accastillages, laisser ma main courir ici ou là pour découvrir émerveillée un possible futur lieu de vie ou tout au moins un qui lui ressemblerait, tant de fois je me suis imaginée franchir ces mêmes pontons qui menaient à un voilier, un jour le mien...

Mais avant de le trouver je me suis posée dans un endroit hors du temps et quoi de mieux qu'un bateau pour se sentir au plus près de l'eau et pour mieux en ressentir les soubresauts car côté vent il y avait le compte, entendre les cliquetis des mats et le cri des oiseaux marins

Vue du carré

Loin des lancinants remugles d'une société cinglée je me suis évadée dans l'air frais du petit matin respirant jusqu'à plus soif la brise salée de l'océan, là comme nul par ailleurs je me suis laissée portée, j'ai dormi comme un bébé bercée par le roulis, ça faisait si longtemps que ça ne m'était plus arrivé

Là comme personne je me suis sentie libre...


La pluie a joué les troubles fêtes


Du Crouesty à la Trinité en passant par St Malo, les ports ne manquent pas
Ohhh un rayon de soleil, qu'il aura été rare ce mois 



Ici les mètres ne se mesurent qu'en pieds et moi les mesures anglaises me sont étrangères, j'ai fini par apprendre quelques trucs pour m'en souvenir



J'ai trouvé je crois ce qui pourrait me correspondre en volume, taille, mètres et ... espace


Je continue mes recherches et j'ai deux ou trois pistes pour le moment





Jean-Jacques Rousseau disait en substance "je suis devenue solitaire, ou, comme ils disent, insociable et misanthrope, parce que la plus sauvage solitude me paraît préférable à la société des méchants, qui ne se nourrit que de trahison et de haine"


Puis je suis revenue à mon "bateau à terre" boire un bon thé, manger du chocolat et me dire que la vie est belle lorsqu'elle se pare de sa plus jolie simplicité


Winch.... In love



Je repartirais sans doute bientôt en ballade, dans le sud pourquoi pas, il y a beaucoup de belles unités à découvrir là bas, des petites merveilles dont l'une d'elle pourrait bien être à moi

Il parait qu'une fois le pied posé à terre on a encore l'impression du roulis du bateau, je vous le confirme, c'est une sensation étrange mais très plaisante et je n'ai qu'une envie, que ça continu

lundi 11 janvier 2021

ça s'appelle vivre

Il y a quelques semaines je vous ai annoncé mon désir de mettre les voiles au propre comme au figuré et je sais que ça a étonné nombre d'entre vous en vous amenant à me poser des questions et m'envoyer des messages privés, j'ai pris la décision de vous parler un peu plus de mon projet et de cette nouvelle voie qui s'ouvre à moi

C'est un projet qui vit en moi depuis très longtemps même depuis si longtemps que je suis bien incapable de savoir quant il est né et quand il m'a prise un jour mais il vit en moi,  moi éprise de liberté je me souviens que plus jeune je passais de longues heures sur mon vélo à imaginer quels endroits du monde je pourrais parcourir, ma famille était issue de la classe pauvre à très moyenne, nous n'avions pas les moyens d'envisager un futur glorieux ni même idéal et les études étaient limitées au strict nécessaire, il fallait juste travailler pour gagner de l'argent et ne penser à rien d'autre sauf que moi je n'étais pas dans cette démarche, faire comme tout le monde m'a toujours paru insupportable, pourquoi rentrer absolument dans le moule voulu par des parents alors que l'on peut faire autrement, j'étais le petit canard noir au milieu des canards jaunes

Alors jeune j'ai fait ce que mes parents voulaient, j'ai eu un travail, une situation qui me permettait de gagner un salaire à l'époque plus que médiocre mais au moins j'étais indépendante financièrement, je suis partie vivre à Paris, j'y ai vécu de belles aventures, de très très bons moments, ce rêve pourtant  vivait toujours en moi puis j'ai rencontré l'homme qui allait être mon mari, mon compagnon, ma moitié, mon amour, celui que je pensais avoir pour une vie entière sauf que mon esprit libre ne se contentait toujours pas d'être dans un moule, un cadre, ça me dépassait... nous avons eu deux enfants, avec eux nous sommes partis en bord de mer à chaque vacances, je me faisais un rituel de me balader sur les pontons des ports, imaginer quel bateau serait le mien, regarder les annonces des voiliers...

Le temps n'abolit jamais les rêves et celui-là me tenait à coeur plus que tout, plus que ma famille

Chaque année j'allais comme en pèlerinage arpenter sans fin les allées du salon nautique découvrant des voiliers hors de prix, des intérieurs cossus, des bateaux taillés pour la navigation, rencontrer des navigateurs et des fans de bateaux, j'y ai passé là aussi d'excellents moments

Plusieurs fois j'ai tenté de faire accepter à zhom le souhait que j'avais de partir en bateau, nous aurions pu en acheter un, un petit, partir caboter quelques jours mais chaque fois c'était un non qui n'en était pas un, zhom ne dit jamais non, il fait silence ou trouve une réponse aussi légère que le vent qui veut dire non sans le dire, c'est à l'image de zhom, un zhom qui aime autant le plancher des vaches que j'aime à évoquer l'horizon, une sorte de zébulon, c'est d'ailleurs toujours ainsi que je me dévoile auprès de ceux qui ne me connaissent pas ou peu

Donc revenons à nos moutons... 16 mars 2020, notre gouvernement de technocrates écervelés nous annonce un confinement total de la population et ce pendant 6 semaines, soit disant pour éradiquer un virus, sauf qu'un virus fait ce qui lui plait, il sait se glisser subrepticement à l'insu de notre plein gré, il n'a pas besoin d'un ordre ou de contre-ordres, il fait ce qu'il sait faire le mieux, contaminer l'individu et pour ça il ne s'impose aucune limite, dépasse les frontières et s'étend toujours plus loin, étrangement en fin d'année ils viennent tous de la même région, l'asie... 

Le confinement se passe et je pense, je réfléchis, mon envie de partir gagne en puissance en même temps qu'elle me révèle mon impuissance, celle de lui résister et de lui dire non, bien au contraire c'est encore plus tenace.
Je vis une vie simple, ni heureuse ni malheureuse comme aurait dit mon amie Nathalie, je vis les jours qui passent et qui se ressemblent, éperdue et perdue, je me noie, je m'asphyxie
Que ce passera t'il pour ma famille si je les abandonne, si je pars pour une si grande aventure, seule, aventurière aveugle ou parfaitement lucide

29 octobre, autre confinement, c'est la fin de mes doutes et le début de ma volonté d'aller voir ailleurs ce qui se passe, j'entends par "ailleurs" vivre différemment et découvrir d'autres choses
Début novembre j'annonce mon projet à zhom, lui dit que je vais le quitter non pas parce que je ne l'aime pas mais parce qu'il ne veut pas m'accompagner dans ce projet fou, lui veut son plancher des vaches et moi mon horizon, moi le zébulon que rien n'arrête, je n'éprouve pas de peur simplement une très forte envie de démarrer très rapidement mon projet et de ne m'imposer aucune barrière

Fin janvier 2021 la maison sera mise en vente, nous avons commencé à faire du vide et je vais m'occuper de préparer mes cartons et faire le tri de ces petites choses qui iront sur le bateau, le reste attendra dans un garde meuble que zhom s'occupera de gérer au moins le temps que je puisse savoir où je vais me poser, avec ma part je m'achèterais mon bateau, je vais aussi prendre des cours de navigation et puis me former à la mécanique et à l'électricité, en cas de panne je serais parée, enfin passer en parallèle mon permis côtier et hauturier pour partir dans le courant du deuxième semestre 2022, plus tôt si c'est faisable


J'aurais aimé commencer rapidement cette nouvelle vie mais un soucis de santé vient contrecarrer mes projets, en novembre dernier je me suis découvert une grosseur qui s'est avérée être un prolapsus, pour les non initiés c'est l'utérus qui se casse la figure dans le vagin et plus tard entraine avec lui vessie et intestins et si à terme une intervention chirurgicale ne vient pas régler le problème c'est le déclenchement d'autres soucis qui peuvent s'avérer pénibles et handicapant, sur une échelle de 4 je suis à 2,5 donc opération fin avril avec reconstruction de tout mon moi interne, un mois de repos, séances de rééducation et après il y aura l'après, je croise les doigts pour ne plus rien avoir côté santé parce que j'ai suffisamment donné ces dernières années

Bon sinon je vous montre le cheminement qui sera le mien... idéalement j'espère trouver mon bateau en bretagne ou en Charente maritime, je me dirigerais vers les Açores si cela est faisable sinon ce sera les Canaries pour attraper les vents favorables et surtout avoir une traversée sans soucis, arrivée dans l'arc des Antilles je me reposerais quelques jours avant de chercher un travail pour remplir la caisse de bord, ensuite je me dirigerais vers le Panama mais avant j'escompte bien aller découvrir les San Blas, le Costa Rica et peut-être le Nicaragua


Enfin, traversée du canal de Panama pour remonter de l'autre côté du Costa Rica, pose repos et découverte avant d'engager la transpacifique vers les Marquises, 30 jours environ de traversée si tout va bien, je continuerais ma traversée pour découvrir les îles polynésiennes ou j'espère pouvoir m'installer définitivement plus tard puis vendre mon bateau et envisager la suite mais ça ne sera pas avant quelques années j'espère

La dernière chose sera pour moi de disparaitre administrativement pour la France ce qui sera le plus compliqué, dire au revoir aux miens, à mes amis, à mes proches surtout, à celui qui aura été mon époux pendant presque 33 ans, à mes enfants, dire au revoir à ce pays qui m'a donné vie et que je reverrais exceptionnellement pour de très rares occasions voir peut-être pas, qui sait, la vie est une aventure à elle seule, la mienne va être exceptionnelle

Un autre projet viendra en plus de cette traversée mais je vous en parlerais en tout voulu, pour le moment ça n'est qu'une ébauche et il faut vraiment que j'approfondisse le sujet

lundi 21 décembre 2020

La vie autrement

Le dernier chapitre...

Lorsque nous avons décidé de venir en Champagne il y a maintenant trois ans, la décision était prise de quitter la périphérie de Paris pour retrouver la nature et le calme, pour avoir l'horizon à perte de vue, nous n'avions pas forcément le choix et nos moyens financiers ne nous permettaient pas d'envisager quelque chose de mieux, nous avions donc paré au plus pressé et après moult recherches nous avons aimé cette vieille maison qui ne demandait qu'à revivre, la signature chez le notaire en fut la concrétisation, nous avions notre maison aux volets bleus avec un grand jardin et partout, partout, la nature à perte de vue

La photo d'origine qui m'a fait craquer sur la maison


L'année 2020 aura été troublée par le virus du Covid 19 dont on a depuis singulièrement féminisé l'appellation, une saleté de virus arrivé d'on ne sait où et encore moins comment, le confinement à fait le reste, ma santé en déclin à confirmé cette décision

2021 va clore cette aventure, d'ici quelques semaines nous mettrons la maison en vente

Juin 2017


Mon blog survivra jusqu'à la vente de la maison que nous prévoyons (espérons) pour l'été prochain si tout se passe bien et qu'un fichu re-confinement ne vient pas fiche le bazar, on parle déjà de celui du printemps et des suivants, dire que pendant ce temps les baltringues qui nous gouvernent on chopé le Covid, faites ce que je dis, faites pas ce que je fais, j'ai tellement rigolé à cette annonce que j'en avais des crampes au ventre, non mais franchement, ils nous prennent vraiment pour des lapins de trois jours, bon sinon tout ça pour dire que je continuerais à alimenter mon profil Instagram parce que j'aime ce réseau social simpliste et qui permet d'afficher selon son humeur quelques instantanés du moment, n'hésitez pas à me suivre ici

En parallèle j'ai quelques végétaux qui voudraient bien s'épanouir dans un autre jardin et dans le coeur aussi d'un jardinier ou d'une jardinière qui saura les aimer, comme tout est jeune c'est le bon moment pour les transplantations alors si ça vous dit, n'hésitez pas, je voudrais éviter autant qu'il m'est possible qu'un jour tout soit détruit par des acheteurs qui n'auraient pas la fibre végétale, il faudrait que je trouve preneur pour mon joli cornus mas, mon heptacodium, mon bananier et puis mes hydrangeas en pot

Mon absence future sera liée à ce grand projet qui me tient à coeur depuis tant d'années et que je suis en train de mettre en place doucement, un départ prévu en 2022 si rien ne vient contrecarrer le calendrier déjà établi

Non c'est pas le mien mais il lui ressemblera


Je vous souhaite à tous d'excellentes fêtes de fin d'année, profitez des vôtres et vivez tant qu'il est temps, demain la vie sera comme aujourd'hui mais en pire s'entendent à dire tous les spécialistes, moi je m'en fiche, je sourirais à la vie, enfin...

jeudi 19 novembre 2020

Confinement

Je regarde les jours passer les uns après les autres, tous semblables, tous identiques, c'est pas la panacée

Au jardin c'est la même chose, rien ne change alors je m'évade à l'extérieur, toujours sur le même chemin, une fois dans un sens et puis le lendemain dans l'autre sens, je ne dirais pas que ça change quelque chose mais au moins ça donne l'impression que je me réapproprie ce qui fut ma liberté (liberté chérie), contrainte mais libre quelque part, libre dans mes pensées, dans mon esprit, j'attends demain comme robinson attendait vendredi



Le ciel est d'un bleu splendide


Les reflets d'eau



Trois oies bernache ont élu domicile près de la rivière, l'une d'elle a pris du plomb dans l'aile et ne pourra sans doute plus jamais voler alors les deux autres restent près d'elle

Je me remémore soudain cette courte ballade dans un petit bourg situé à une vingtaine de minutes de chez nous, il répond au très joli nom d'Ecoute s'il pleut

Joli nom, non ?

L'aïeule de mon époux est née ici, y a vécu et est partie vivre sa vie

Oh quid du bourg, ici il n'y a qu'une rue, trois fermes et deux maisons tout au plus, la rue à elle toute seule doit faire la distance de la ruelle située derrière la maison, 100 mètres au plus long guère plus
C'est un endroit perdu au milieu de collines verdoyantes 


Mais revenons dans mon village, au cours de ma ballade
Les températures sont douces pour cette période de l'année, c'est parfait pour une sortie au grand air



Il est déjà temps de rentrer car le soleil se couche vite en cette période, une heure est si vite passée, tant pis, j'ai du retard, je presse le pas, demain je ferais une autre sortie et une autre après-demain et les autres jours tant que le confinement ne sera pas levé, aucun être humain ne devrait supporter ça mais c'est ainsi, la liberté est une hérésie de nos jours

jeudi 5 novembre 2020

Ballade

Temps de chien ou de cochon, n'en déplaise à la pluie, nous sortons

Venez, je vous emmène dans ma campagne où il y a 102 ans éclatait la grande guerre qui fit entre 9 et 10 millions de morts, elle fut suivie d'une autre encore plus meurtrière 20 ans plus tard, une vraie boucherie




A proximité des sentiers boisés on découvre encore les restes des tranchées partiellement ensevelies et la terre qui garde comme un souvenir les nombreuses cicatrices de la violence des combats, partout des cratères béants comme des linceuls de terre




Aujourd'hui le calme et la paix résident en ces lieux, nous aimons beaucoup venir ici




Je ne sais ce qu'il resta de cette forêt après les combats mais plus de 100 ans après la nature à recouvré ses droits




La bataille du bois Belleau fut le premier engagement des troupes américaines, à proximité on retrouve un magnifique cimetière joliment arboré et merveilleusement fleuri chaque printemps, il pleuvait dru, nous n'avons pas pu y aller, dans ces lieux chargés d'histoire on célèbre chaque année les hommes courageux qui ont trouvé la mort ici, tout y est parfaitement entretenu


En sortant nous reprenons la route pour rentrer
Petit arrêt photo dans les vignobles dorés par l'automne en pleine explosion




Le ciel chargé met en valeur les reliefs et les couleurs chaudes







Fifille venue passer un week-end était ravie, elle a pris une tonne de photos, les dernières, le confinement est passé par là et fifille est rentrée chez elle avant d'être coincée
Celles qui vêtissent cet article ont été prises par votre obligée

Un dernier au revoir

C'était le 11 janvier 2017, je quittais mon ancien blog pour en créer un nouveau Il y eu en octobre de cette même année la vente de notr...